Dans Le chapitre IX, intitulé “Les révoltes et les drames”, on revient sur quatre événements majeurs :
- Les émeutes de 2017, déclenchées par la hausse du prix des denrées alimentaires.
- Les manifestations de 2019, provoquées par l’augmentation brutale du prix de l’essence.
- Le crash du Boeing 737-800 en janvier 2020, abattu par erreur par la défense anti-aérienne iranienne.
- La révolte “Femme, vie, liberté” suite au meurtre de Mahsa Amini par la police des mœurs en septembre 2022.
L’auteur raconte avec force la descente aux enfers d’un pays qui croyait avoir retrouvé sa place dans le monde. Les sanctions américaines frappent tous les secteurs : inflation galopante, chômage, pénuries. La colère gronde, attisée par les promesses non tenues et la répression croissante.
L’Iran ; déçu mais debout
L’Iran ; déçu mais debout reflète la résilience du peuple iranien face aux défis politiques, économiques et sociaux. À travers ce récit, on a exploré les désillusions de la société iranienne sur la scène politique interne, vis-à-vis de « la communauté internationale ».
Malgré la censure et les persécutions internes d’un côté, et les sanctions internationales de l’autre, la vitalité de la société iranienne est aussi exemplaire qu’inspirante. Le titre “L’Iran ; déçu mais debout” capture l’essence du récit de ce livre : un pays confronté à de profondes déceptions, mais animé d’une force intérieure qui lui permet de rester debout et d’espérer un avenir meilleur.
Acte I : La révolte des oubliés (2017)
Déclenchées par la hausse du prix des œufs, les manifestations de 2017 révèlent un mécontentement profond au sein des couches populaires, frappées par la pauvreté et le chômage. Contrairement au mouvement vert de 2009, porté par la classe moyenne urbaine, cette révolte est celle des “oubliés” du miracle économique, des habitants des villes périphériques et des zones rurales. La colère se dirige contre la corruption, l’injustice sociale et le manque de perspectives économiques.
Le régime, pris de court par l’ampleur et la spontanéité du mouvement, réagit par une répression brutale. Les réformistes, dépassés par les événements, peinent à canaliser la colère populaire. Les conservateurs, coincés entre leur rhétorique anti-occidentale et la réalité économique, se retrouvent dans une position délicate.
Acte II : Contestation généralisée et répression accrue (2019)
En novembre 2019, l’augmentation soudaine du prix de l’essence met le feu aux poudres. Les manifestations, d’une ampleur inédite, touchent des centaines de villes à travers le pays.
La répression est féroce : les forces de sécurité tirent à balles réelles sur les manifestants, faisant des centaines de morts. Internet est coupé pendant dix jours, plongeant le pays dans un black-out informationnel. Le pouvoir iranien accuse les “ennemis étrangers” d’être derrière les troubles, mais la colère populaire est bien réelle et profonde.
La tragédie du vol PS752 (2020)
Le 8 janvier 2020, un Boeing 737-800 d’Ukraine International Airlines est abattu par erreur par la défense anti-aérienne iranienne, tuant les 176 personnes à bord. L’aveu tardif et les mensonges initiaux des autorités provoquent une onde de choc et de colère en Iran. Des manifestations éclatent dans plusieurs villes, dénonçant l’incompétence et l’opacité du régime.
Le crash du Boeing devient le symbole tragique des dysfonctionnements du système iranien et de la profonde déconnexion entre le peuple et ses dirigeants.
Femme, vie, liberté (2022)
16 septembre 2022 : Mahsa Amini, jeune iranienne kurde, meurt en détention après son arrestation pour « port incorrect du hijab ». Sa mort par la police des mœurs déclenche des manifestations sans précédent en Iran, sous le slogan “Femme, vie, liberté“. Une vague de contestation d’une ampleur inédite. Le slogan « Femme, Vie, Liberté » résonne dans tout le pays, porté par une jeunesse déterminée à en finir avec l’oppression.
Ce mouvement, ancré dans des décennies de lutte féministe, a vu les femmes en première ligne, soutenues par les hommes. L’opposition au hijab obligatoire et la quête d’une “vie joyeuse” ont caractérisé ces manifestations.
La répression est féroce. Mais la société iranienne, loin de plier, invente de nouvelles formes de résistance et de solidarité. Les témoignages recueillis, les analyses des stratégies de communication et la force des slogans donnent à ce récit une dimension universelle.
L’impact du mouvement “Femme, vie, liberté” s’étend au-delà des rues: dans l’espace privé, les femmes remettent en question les normes sociales et familiales, préparant un changement profond et durable.
Ce chapitre bouleversant nous plonge au cœur d’une révolution portée par les femmes, les jeunes, et toutes celles et ceux qui refusent de se taire. Les manifestations embrasent plus de 150 villes, les réseaux sociaux deviennent des armes de mobilisation et de dénonciation. L’auteur dresse le portrait de ces héroïnes anonymes, des lycéennes qui retirent leur voile, des étudiantes qui défient les autorités, des familles qui pleurent leurs morts. Ce chapitre n’est pas seulement le récit d’une révolte ; il est aussi celui d’une transformation profonde de la société iranienne, d’une libération de la parole et d’une ouverture vers de nouveaux horizons.
Un régime fragilisé mais résilient
Dans ce chapitre Rooh Savar met en lumière la fragilité croissante du système, confronté à des crises économiques et sociales récurrentes et à une colère populaire de plus en plus palpable. La violence de la répression témoigne de la détermination du régime à se maintenir au pouvoir, quel qu’en soit le prix. Cependant, la perte de confiance dans les institutions et les élites politiques est un danger majeur pour la stabilité du pays.
Malgré ces difficultés, le système a jusqu’à présent réussi à survivre grâce à un appareil répressif puissant, mais aussi sa capacité spéctaculaire de mobilisation de ses partisants.
Vivez de l’intérieur cette révolution qui a changé l’Iran pour toujours dans “L’Iran ; déçu mais debout !”
L’Iran ; déçu mais debout
L’Iran ; déçu mais debout reflète la résilience du peuple iranien face aux défis politiques, économiques et sociaux. À travers ce récit, on a exploré les désillusions de la société iranienne sur la scène politique interne, vis-à-vis de « la communauté internationale ».
Malgré la censure et les persécutions internes d’un côté, et les sanctions internationales de l’autre, la vitalité de la société iranienne est aussi exemplaire qu’inspirante. Le titre “L’Iran ; déçu mais debout” capture l’essence du récit de ce livre : un pays confronté à de profondes déceptions, mais animé d’une force intérieure qui lui permet de rester debout et d’espérer un avenir meilleur.
L’Iran ; déçu mais debout
Cet ouvrage analysant la complexité de la société et du régime iranien à travers différents angles, mettant en lumière les contradictions entre l’image projetée à l’international et la réalité vécue par la population.
L’auteur, à travers son expérience de journaliste mais aussi ancien activiste politique, souligne la richesse de la presse iranienne et la pauvreté du traitement médiatique occidental, accusé de “misérographie des Autres”. L’analyse critique de la représentation médiatique occidentale de l’Iran, est confrontée à l’évolution interne du pays, marquée par des alternances entre ouverture et répression, des luttes de pouvoir entre factions politiques (réformistes, conservateurs, populistes et ultraconservateurs), et l’impact des sanctions internationales et des interventions géopolitiques. L’ouvrage examine également la place des femmes iraniennes, le rôle de la religion et la tension entre les inspirations de l’ouverture face aux réactionnaires religieux, ainsi que l’évolution de l’économie et du paysage politique iranien.
Le livre explore plusieurs périodes clés de l’histoire iranienne, de la révolution de 1979 à l’ère post-Ahmadinejad, en passant par le mouvement vert et les manifestations de 2017 et 2019. Il examine les enjeux politiques (le rôle du Guide, le valayat-e faqih, les élections), économiques (la dépendance au pétrole, les sanctions occidentales), et sociaux (les droits des femmes, la société civile), tout en soulignant l’importance des sources internes et la nécessité de dépasser les clichés occidentaux pour une compréhension nuancée de l’Iran.
L’ouvrage se termine sur une analyse des élections présidentielles de 2024 et des défis auxquels fait face le pays, en particulier face à la “pression maximale” états-unienne et à l’évolution de la société iranienne.








